Comme elle nous y habitue depuis bientôt 6 ans, la région PACA, leader en France dans les initiatives locales en faveur de l’aménagement et le bâtiment durables, reprend l’initiative. Après la création d’EnviroBAT qui a donné lieu à l’outil EnviroBOITE, référent en matière de retours d’expériences sur la construction, la réhabilitation, les systèmes constructifs, la région PACA s’illustre encore avec la création de ce label Bâtiment Durable Méditerranéen.
A l’image de ce qui se fait déjà en Autriche dans la province vertueuse du Vorarlberg (Autriche), où l’ensemble des élus et des acteurs économiques de son territoire se sont depuis longtemps engagés dans cette direction, cette transposition « localisée » permet de poser les bases d’une démarche intégrée : elle va au delà du fait de construire efficace énergétiquement avec le label BBC Effinergie qui deviendra la norme de construction en 2012 en y incluant les principe de la haute qualité environnementale comme de l’aménagement durable.
Mais là encore, le label BDM va au delà de ce que propose le label HQE en ciblant des sujets qui propulsent les 14 cibles non pas au rang de démarche, mais d’engagements. En agissant de la sorte dans un résultat quantifié (je fais, je ne fais pas), il permet aux différentes parties prenantes du projet (maison neuve ou réhabilitée, de même pour les constructions collectives ou tertiaires) et quelles qu’elles soient (client, adminsitrations, maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’oeuvre, entreprises…) de situer le projet dans sa totalité en repoussant un peu plus loin les exigences en faveur de l’environnement en cotant chaque projet et lui donnant un certain nombre de points . L’ensemble des cibles sont listées : quelles soient énergétiques, d’empreinte écologique directe : la massification du bâti, choix des matériaux, systèmes constructifs et auxiliaires, optimisation des apports solaires, utilisation massive des énergies renouvelables et de la production d’électricité verte (éolien ou photovoltaïque). Mais il tient aussi compte des consommations indirectes avec les enjeux qui touchent à la densification de l’urbanisation, la prise en compte des transports, du recyclage des déchets, de la collecte des eaux de pluie, du traitement de l’eau…
Il devient un véritable outil d’aide à la décision. Il permet aux décideurs, qu’ils soient publics ou privés et quelle que soit la taille de l’investissement, d’orienter dés les premières idées, dès les premières réflexions du projet en le plaçant sur les meilleurs rails. Car c’est bien à ce moment là, trés en amont, que la rentabilité finale du projet se donne les moyens d’être atteinte, au delà de tous les surcoûts dont on nous rebat les oreilles un peu trop à mon goût pour justifier de ne pas changer les habitudes… Car on ne pourra jamais rien contre le fait que changer d’idée sur une esquisse ou sur un plan coûte du temps et de la matière grise. Ce qui est incomparablement moins cher que devoir subir des erreurs dues à de mauvaises conceptions qui obligent, quand le projet est lancé, à des compromis pour tenir les délais et les budgets…
Voilà pourquoi un tel outil représente la première pierre d’un mouvement qui sans aucun doute va se développer dans les années à venir :
aménager et construire durable va se segmenter par typologie d’utilisation : on ne construit pas de la même manière sur l’arc méditerranéen ou dans les reliefs montagneux, dans les zones à haute densité de population ou dans les zones rurales. Pourtant au sein de chaque zone, chaque projet a l’obligation, que dis-je le devoir de se diriger vers la logique de ce facteur 4 en 2050. Mais que chacun le sache, la complexité et la richesse du sujet fait qu’il n’existe pas qu’une seule solution pour construire durable par la diversité des matériaux (brique monomur, ossature bois, panneaux bois, traditionnel bien isolé…) comme il existe des réponses variées et sensiblement différentes à l’échelle des différents climats. L’exemple pour l’arc méditerranéen qui peut aller de Rome à Valence en Espagne, englobant la Corse, les Baléares, et le Languedoc Roussillon.
Ce constat qui relève du bon sens doit nous faire toucher du doigt que les limites administratives des financements régionaux de ce type d’outils doivent apprendre à être trans-régionales, au sens franco-français, mais aussi trans-régionales au sens Européen. Car l’énergie déployée pour transposer sur un principe d’analogie les bonnes pratiques, qui sont nées après le premier choc pétrolier de 1973 dans les pays scandinaves et anglo-saxons, doit continuer à être mutualisée, à être partagée pour que chacun parvienne, dans sa ville, son village, dans son projet à obtenir les meilleures informations pour répondre à son niveau à un enjeu qui nous concerne tous !
Le label BDM touche les usagers et leurs nouveaux comportements vertueux, l’histoire du lieu et de son patrimoine, l’empreinte écologique de la construction ou de la rénovation, la maximisation des apports solaires qui fait tendre l’ensemble vers une autonomie énergétique voire à une production d’énergie (bâtiment à énergie positive).
En sensibilisant de la sorte l’ensemble des acteurs aux différentes problématiques en créant du sens entre chacune d’elles, cette démarche lance les base d’une vision systémique du développement durable qui peut, si les politiques de nos régions le décident aussi, être reprises pour les enrichir et les promouvoir à leur tour…
http://www.batiment-durable-mediterraneen.org/test/
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